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Albepierre, le 11 mai 2010 - Point sur la Fête du livre à Villeurbanne

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Mes amies Marie-France CHEVRON et Aurélie BOISSINOT
dans la salle d'exposition
de la maison du livre de Villeurbanne
La fin de semaine dernière, s'est déroulée la Fête du livre jeunesse à Villeurbanne, aux portes de Lyon, au cours de laquelle était organisé un salon du livre jeunesse.
Un salon, c'est l'occasion de retrouver amis et complices, de découvrir des auteurs, des illustrateurs et des éditeurs - ainsi que leurs ouvrages - et, parfois, de les rencontrer...
C'est aussi une agréable façon de se tenir au courant des mille et une nouvelles qui forment le réseau très fluctuant des courants sur lesquels les artistes naviguent.
L'édition de cette année avait pour thème RÉSISTER, date (le 8 mai) oblige. Mais loin de se cantonner dans la mémoire historique de l'événement - aussi essentielle fut-elle - ou dans un militantisme gauchisant, l'équipe de la MAISON DU LIVRE, DE L'IMAGE ET DU SON, avait fait une large place à l'humour. L'humour, la plus sûre et la plus durable des armes contre toute forme d'oppression, qu'elle soit politique, sociale, familiale, transgénérationnelle...!
La programmation était si riche qu'il ne m'a pas été possible de tout voir, tout entendre... Cependant parmi les artistes invités, j'ai été particulièrement sensible à la représentation donnée par PLONK et REPLONK sous le titre "Le Rezizistan, république oubliée", ainsi qu'à leur exposition d'images et d'objets. Voici des artistes qui savent jouer des situations, de la langue - le suisse roman, si chantant - et de l'image en virtuoses... Je suis encore toute vibrante des éclats de rires qu'ils ont déclenchés... et de la joie de découvrir que de nouveaux chantres ont repris - et portent haut et franc - le flambeau de la liberté. Et avec quel esprit !

Christian HUMBERT-DROZ, sérigraphiste et éditeur,
notammant de la revue DROZOPHILE
Parmi les éditeurs, une heureuse rencontre : celle de Christian HUMBERT-DROZ, artisan-éditeur suisse, aussi, qui vit de la sérigraphie. Or ce passionné ouvert aux artistes et sensible à leurs oeuvres trouve de plus le temps d'éditer, entre autres, une revue intitulée DROZOPHILE (!) avec eux, publiée et imprimée - de nuit ou durant les périodes creuses dans son atelier, à Genève... - uniquement en sérigraphie !
Si ! Si ! Et si la fidélité à lui-même et à ce qui mobilise son coeur n'est pas toujours payant - je veux dire en espèces sonnantes et trébuchantes - du moins fait-il ce qui lui plaît !
Rien que pour avoir entendu ces paroles - et avoir vu le visages ouverts, concentrés et joyeux des étudiants des Beaux-Arts ou des jeunes artistes venus le seconder - cette fête valait le déplacement.
D'avoir parlé et côtoyé ces très belles personnes, ainsi que leurs oeuvres, m'a donné courage, énergie et idées pour poursuivre ma route.

6 commentaires:

fées et gestes a dit…

C'est une très belle chronique!! Que de découvertes lors de ce salon...et les enfants étaient vraiment de la fête!!
J'ai découvert des livres tendres et sensibles, des auteurs incroyables, disponibles, engagés...je ne m'attendais pas à une telle richesse!!

Christian Humbert-Droz a dit…

Magnifiques articles,
mais quel hommage, il va falloir que l'on s'accroche. Il est vrai que les salons sont source de rencontres et de partages. Dans ce monde assez bizarre qu'est devenu le nôtre, on a parfois le sentiment d'être un peu seul, espèce en voie de disparition. Heureusement, ces moments magiques nous permettent de constater que nous ne sommes pas encore «espèce en disparition» mais plutôt «espèce en danger», ce qui est déjà plus que rassurant. Mais n'est-ce pas le propre des artistes que de se mettre en danger? Et ne disons pas trop que nous résistons, j'ai plutôt l'impression (enfin en ce qui me concerne) d'être juste incapable de faire autrement. Bravo pour le Blog. Avec toute mon amitié

Michèle RODET a dit…

C'est certes le propre des artistes de se mettre en danger, Christian..., mais sans le vouloir et parfois même sans s'en rendre compte (cela m'est arrivé plusieurs fois !)… Etre centré et concentré sur ce qui tient à cœur hic et nunc, peut nous faire quitter les grands-routes pour fréquenter des sentes, visibles pour nos seuls yeux, si bien que nous sommes amenés à contempler des paysages somptueux et inoubliables.
De sorte que résident dans ce qui nous met en danger et notre chance et notre fortune.
Aussi, quel bonheur lorsqu'il nous est proposé un espace - aussi modeste soit-il – pour exprimer et ainsi partager avec d'autres - "explorateurs de sentes buissonnières" ou amateurs d’art - un peu des terra incognita qui se sont offertes à nos yeux…
Puissent les éditeurs-artistes bénéficier d’une longue et bonne vie…
Michèle RODET

Michèle RODET a dit…

J'aurais pu, Marie-France, encore intituler cette chronique : aller à une fête du livre avec des amis ou comment optimiser ses visites ?
Peut-être ce week-end aura-t-il aussi permis la conception d'une idée : comment railler et faire dérailler - sur le mode BLING & POTABLING, la PQ (Professional Quality) DQ (Démarche Qualité) [entre parenthèses : traduction assurée pour les non-initiés] - ou tout autre discours garanti 100 % purs vents, vrai ! Sans pousser ! - les discours ambiants ?
Avis aux amateurs !!!

aurel'images a dit…

Ca y est, j'émerge à mon tour. Bravo pour cette magnifique chronique ! Ce fût un salon riche en émotions, en rencontres, en images ... un foisonnement d'idées ! Toutes mes amitiés.

Michèle RODET a dit…

Merci, Aurélie, de ta visite. Je garde aussi un excellent souvenir de ces instants partagés. Ce fut aussi très émouvant de te voir à l’œuvre.
J’aime aller muser sur ton blog, au gré du temps : tes photos m’offrent non seulement du champ et de l’air – et Dieu sait que pour un créatif, ce sont choses précieuses ! – mais en plus, de la beauté. J’évoque là d’avantage la beauté du cœur – celle de ton regard - que celle des formes et des couleurs, que j’apprécie aussi, je le confesse sans honte.
Tes photos respirent l’humanité. Je ne sais pas comment il se fait que, lorsque je contemple les immeubles du quartier Saint-Jean (Lyon) - qui me sont pourtant familiers - à travers ton regard, ils sont littéralement transfigurés. C’est proprement magique – et j’emploie ce mot dans son sens premier : celui de donner à voir quelque chose de non-visible !
Sans doute cela tient-il aussi à la couleur incarnat du crépi, mais en méditant à partir de tes photos, il m’est venu ceci, qu’entre nos corps – que la consistance charnelle, les ouvertures et la peau rendent si vulnérables – et les maisons, il y avait plus d’un rapport. Et m’est alors apparue la fragilité de nos bâtis - tout de pierres et de bétons fussent-il – et la façon dont un regard, bien plus que le temps, peut les altérer…